Vous avez introduit la gratuité et de nouveaux tarifs réduits sur le réseau Ginko. Mais rien n’est gratuit. Qui finance les transports ?

Aller à l’école, se faire soigner à l’hôpital, circuler en voiture sur les voiries gérées par GBM… Ces services – accessibles sans frais directs pour l’usager – sont financés de manière solidaire par l’impôt. Sur ce même principe, GBM a souhaité favoriser l’accès à une mobilité décarbonée pour les jeunes et les ménages modestes, à compter du 1er juillet.

Jusqu’alors, le financement des lignes Ginko reposait à 17 % sur les recettes commerciales, à 48 % sur les contributions des entreprises de plus de 11 salariés, le solde étant pris en charge par GBM. Pour les entreprises, pouvoir disposer de transports publics efficaces, c’est faciliter et sécuriser les déplacements de leurs salariés (les accidents de la route sont la première cause de mortalité au travail), mais aussi de leur famille, notamment via le transport scolaire. C’est aussi contribuer à un cadre de vie agréable pour attirer de nouveaux talents.

Avec Ginko, que proposez-vous à ceux qui travaillent ?

Pour les salariés, il est possible de se déplacer en illimité sur les lignes Ginko et les TER dans GBM pour moins d’un euro par jour. En effet, les employeurs ont l’obligation de prendre en charge au moins 50 % du coût d’un abonnement mensuel ou annuel, quel que soit l’effectif de l’entreprise. Avec un Pass annuel, cela fait un reste à charge de 217,50 €, soit 18,12 € par mois. Sinon, le réseau Ginko est gratuit pour tout le monde chaque samedi.

Je marche beaucoup au quotidien. Qu’est-ce qui est fait pour les piétons ?

Avec 32 % des déplacements dans GBM – et même 41 % à Besançon –, la marche est le premier mode de mobilité active du territoire. Pour la renforcer, GBM a lancé, début 2025, un Plan Piéton. Après consultation des habitants pour identifier les bons aménagements et les points noirs, un plan d’actions sera finalisé à l’automne. Sans attendre, plusieurs espaces publics ont déjà été requalifiés à Saône, Thise, Châtillon-le-Duc, Saint-Vit ou Besançon (quartier Nord-Est, Battant) : parcours piétons simplifiés, traversées sécurisées, trottoirs désencombrés, etc. Lors de l’enquête sur la mobilité de 2021 auprès de plus de 3 000 personnes, les aménagements pensés pour faire face aux canicules figuraient parmi les plus attendus par les piétons. Là aussi, ils ont été entendus.

Je préfère aller en centre-ville en voiture. Pourquoi je dois payer mon stationnement ?

Besançon compte 22 600 places de stationnement sur voirie, dont près de 20 600 gratuites. Avec environ 11,5 m² par place, cela équivaut à plus de 36 terrains de foot dédiés aux voitures garées. À cela s’ajoutent 6 400 places payantes. La logique du stationnement payant n’est pas tant financière : elle vise à éviter les « voitures ventouses », garées plusieurs jours au même endroit. Ainsi, grâce à une meilleure rotation du stationnement, 92 % des automobilistes déclarent ne pas avoir eu à chercher de place pour venir à Besançon (enquête de 2018 auprès de 4 500 personnes).

Que fait le Grand Besançon pour ceux qui choisissent la voiture électrique ?

En 2024, GBM a lancé le déploiement de 84 bornes de recharge, 47 à Besançon et 37 en périphérie. Chacune d’elles peut accueillir 2 véhicules simultanément. En mai dernier, 37 bornes étaient en service et le déploiement avance bon train. À son terme, chaque Grand Bisontin.e résidera à moins de 5 km d’une borne.

En heure de pointe, le tram est parfois saturé. Ça peut s’améliorer ?

Avec 35 000 passagers par jour – 3 900 entre 16 h et 18 h –, le tram est parfois victime de son succès. En 2021, GBM a ainsi décidé d’investir dans de nouvelles rames, plus longues. Les 5 premières seront mises en service cet automne, 3 autres à l’été 2026. Avec 32 m, elles offriront 200 places au lieu de 132 dans les actuels trams de 24 m. Fabriquées en France, ces rames supplémentaires permettront d’optimiser les fréquences. À ce titre, un nouveau terminus devrait entrer en service à la station Brulard, fin 2026. En pointe, les fréquences seront alors de 3 à 4 minutes entre Brulard et Parc Micaud, de 5 minutes entre Hauts-du-Chazal et Viotte et de 8 minutes entre Brulard et Chalezeule.

On me demande de moins utiliser ma voiture thermique, mais est-ce que GBM fait des efforts sur ce plan ?

Le Grand Besançon verdit sa flotte de véhicules de service, avec un coup d’accélérateur depuis 2020. Aujourd’hui, le parc compte 82 véhicules électriques, dont 4 bus Ginko et un camion-benne. Rappelons que les 19 rames de tram avaient permis de remplacer 70 bus thermiques. En parallèle, 4 voiturettes électriques ont été acquises pour les déplacements courts des agents GBM/Ville/CCAS et des VAE leur sont mis à disposition. Le verdissement concerne aussi les cars périurbains et scolaires : conversion du thermique à l’électrique et cars hybrides thermique-électrique. Les bus Ginko au GNV (gaz naturel) sont passés au bioGNV issu de méthanisation. Même côté diesel, il y a du nouveau : 70 bus, ainsi que 277 camions et utilitaires, sont passés au HVO. En 2024, ce biocarburant a permis d’éviter l’équivalent de l’émission de CO2 de 1 500 voitures.

Pourquoi certains aménagements cyclables s’arrêtent ?

Réalisées dans des contextes souvent contraints, ces voies demandent des études techniques assez longues et d’importants travaux. En milieu urbain, il faut repenser le partage de l’espace public pour créer une liaison sécurisée. Cela nécessite parfois une reprise totale de la rue avec des déviations de réseaux, des autorisations d’urbanisme, etc. En milieu interurbain, il faut souvent procéder à des acquisitions foncières, des études d’impact environnemental, des études de sol… Pour toutes ces raisons, les itinéraires cyclables sont souvent réalisés par tronçons qui, peu à peu, s’enchaîneront. En attendant, un soin particulier est porté à l’amélioration des liaisons aux extrémités de chaque tronçon.

Qu’est-ce qui est fait pour améliorer la desserte en transports collectifs des communes périphériques ?

Le réseau Ginko repose sur un principe d’équité : chaque commune de GBM est desservie, sans zonage tarifaire. Ces dernières années, de nombreuses améliorations ont été apportées, suite aux rencontres organisées en 2021 avec les maires des communes périurbaines. Ces élus de terrain ont fait part de leurs remarques et attentes, tant sur l’offre Ginko que sur les mobilités douces et les aires de covoiturage. Ces contributions ont donné lieu à la création de nouvelles dessertes et à des améliorations de fréquence à partir de 2022. Des pistes cyclables ont également été aménagées.