Du haut de Saint-Claude, bien des siècles d’histoire nous contemplent : en septembre dernier, la Direction régionale des affaires culturelles de Bourgogne-Franche-Comté y inaugurait le Centre de conservation et d’étude archéologique de Besançon.
Implanté rue Auguste Lucien Vérité, ce lieu servira à la conservation « d’archives du sol » issues des fouilles, au travail de recherche et à la médiation auprès du grand public.
Pour l’heure, ces collections – qui étaient jusqu’alors dispersées sur quatre sites dont la Citadelle – sont transférées au sein de réserves d’une capacité de stockage de 780 m3 . De quoi accueillir de nombreuses découvertes à venir : le fonds actuel occupera dans un premier temps 400m², constitués de plus de 46500 objets. Ceux-ci ont été méticuleusement inventoriés et conditionnés. À tout cela, s’ajoutent des archives scientifiques auxquelles sont consacrés 432 mètres de rayonnages.
Des vestiges en façade
Lors du traitement des vestiges, certains ont été déclassés, en raison de leur faible intérêt scientifique. Les architectes de l’agence Nunc les ont ainsi transformés en… matériaux de construction pour le Centre. La façade s’est ainsi parée de divers éléments : poteries, mosaïques, verres, tuiles, terres cuites émaillées, etc. Autant de traces qui rendent visible le travail des archéologues.
La réutilisation de ces vestiges est aussi un clin d’œil au projet architectural qui s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, de sobriété énergétique et de réduction de ses émissions carbone. Avec sa structure en bois, ses isolants biosourcés et ses panneaux solaires, la partie visible du bâtiment présente ainsi des performances passives.

D’autres vestiges déclassés seront recyclés en matériel pédagogique. De quoi répondre à la vocation de médiation du Centre, à travers le prêt d’objets pour des expositions ou des actions auprès du grand public. Celles-ci seront proposées sur le site dans un espace chaleureux, situé en lisière de sous bois avec 1 800 m² d’espaces verts protégés. Un bac de fouilles en extérieur a aussi été aménagé pour apprendre aux élèves les techniques de fouilles archéologiques. Les réserves, elles, se fondent dans des talus. Une belle boucle pour des vestiges ayant déjà traversé les siècles sous terre…
Photo du haut de page : Eric Chatelain, Grand Besançon Métropole










