Née à Besançon en 1955, Kelton a marqué toute une génération avec ses montres colorées et accessibles. Surnommée aujourd’hui « l’icône pop de l’horlogerie française », la marque s’apprête à retourner sur ses terres d’origine le temps… des 24h du temps. Rencontre avec Édith Chapelle, sa directrice générale, pour évoquer ce patrimoine vivant.
« Vous vous changez, changez de Kelton »
Que vous ayez été enfant ou adulte dans les années 60 ou 70, ce slogan résonne indéniablement encore comme une musique familière. Ces années-là : télévision, radio, affiches, la marque est partout… sauf dans les bijouteries. Contrairement aux horlogers traditionnels, Kelton s’installe sur les tourniquets des bureaux de tabac.
« Les horlogers nous snobaient un peu à l’époque », s’amuse Édith Chapelle. Et pourtant, ce choix audacieux est récompensé. Kelton devient la première montre accessible en France.
« On l’offrait pour une communion, pour le bac… ». C’est un objet qui porte une grande valeur sentimentale. Aujourd’hui encore :
Quand les gens apprennent que la marque existe toujours, leur premier réflexe est souvent d’aller fouiller dans un vieux tiroir pour retrouver leur Kelton et raconter son histoire.


Entre héritage français et transparence assumée
Fière de ses racines bisontines, la marque refuse pourtant les discours marketing trop lisses. Pour Édith Chapelle, la transparence est la clé : « Dire que nos montres sont entièrement fabriquées en France serait de la désinformation ». Pour maintenir des prix accessibles (entre 100 et 500 euros), Kelton utilise des composants chinois et des mouvements japonais. Mais l’âme reste française.
Le design est signé Vincent Bergerat et l’assemblage est réalisé à Lectoure, dans le Gers, au sein des ateliers AGH. « Il ne s’agit pas simplement des montres sur lesquelles on appose un logo : ce sont des créations originales », insiste la directrice. L’ambition à terme ? Réussir à relocaliser davantage la production, tout en continuant à soutenir les jeunes talents de l’horlogerie française.
Une présence à Besançon : un symbole et bien plus encore
Pour cette édition 2026 des 24h du temps, placée sous le signe du vintage, Kelton renoue avec sa terre d’origine et espère ainsi transmettre le goût de cette marque emblématique aux plus jeunes générations.
On ne reproduit pas la pop culture. C’est un patrimoine, un savoir-faire, une histoire.
C’est dans cet esprit que la collection « 1955 » est née. Elle rend directement hommage à l’année de naissance de la marque à Besançon, avec des modèles inspirés de l’univers de la plongée et de l’exploration, rappelant l’époque du commandant Cousteau.
Ce retour aux sources ne s’arrête pas à l’événement. Déjà présente chez Utinam, la marque souhaite s’ancrer durablement sur le territoire. Un projet est d’ailleurs en réflexion pour collaborer avec le Musée du Temps afin de valoriser ses archives historiques. Une manière de boucler la boucle.
Retrouvez Vincent Bergerat, designer de la marque, lors de la 12e édition des 24h du Temps, les 20 et 21 juin.
Découvrez également les autres horlogers présents dans la cour du Palais Granvelle ainsi que le programme complet sur : les24hdutemps.fr
Pour aller plus loin : vidéo INA – La fabrique de montres Kelton
Photos de l’article : Kelton










