Symbole des années fioul et charbon, l’immense cheminée de la chaufferie de Planoise – qui assure le chauffage et la production d’eau chaude pour l’équivalent de 16 000 logements et le CHU – s’apprête à disparaître du paysage grand bisontin : la structure sera totalement démantelée d’ici fin juin.
Construite en 1972, elle s’élevait à 62 m, une hauteur rendue alors nécessaire pour assurer l’évacuation sécurisée des fumées issues de la combustion du fioul lourd utilisé à l’origine, complété par du charbon en 1983, dans un contexte de soutien à l’activité minière en France.
Feu la cheminée de 62 m
Or, grâce à la mise en service successive de plusieurs chaudières à bois (biomasse) – une en 2006, puis deux autres en 2015 –, la chaufferie pilotée par le Grand Besançon tourne progressivement la page des énergies fossiles : le charbon n’y est plus utilisé depuis 2017 et le fioul lourd depuis 2021. Les énergies mobilisées aujourd’hui pour alimenter le réseau de chaleur – valorisation des déchets et biomasse, avec appoint au gaz naturel par grand froid – permettent d’installer des cheminées plus discrètes. En inox, celles-ci seront prêtes pour
la prochaine saison de chauffe.
Pour déconstruire la cheminée historique, une plateforme élévatrice montera au sommet de l’édifice pour le « grignoter » de haut en bas. Une opération rendue d’autant plus complexe qu’elle se déroule dans un coffrage, afin de confiner les poussières du chantier. En parallèle, l’ancienne chaudière au charbon, ainsi que les cuves de stockage de fioul, sont également démantelées. À terme, les espaces ainsi libérés permettront la construction d’une chaudière biomasse supplémentaire pour accompagner l’actuel essor du réseau de chaleur.
Rendement optimisé et réseau étendu
Sans attendre, le rendement des trois unités biomasse déjà en exploitation – qui totalisent 22 mégawatts (MW) – sera optimisé dès cette année. Comment ? Grâce à la mise en place de dispositifs de récupération de chaleur sur les fumées, soit 5,1 MW de puissance supplémentaire.
De quoi mobiliser toujours plus une énergie à la fois renouvelable, locale – l’approvisionnement se fait dans un rayon moyen de 50 km – et économique. Les émissions de CO2 sont divisées par trois par rapport au gaz naturel. Et pour un immeuble, être raccordé au réseau de chaleur, c’est une facture énergétique réduite de 25 % par rapport à une chaudière gaz collective. Bonne nouvelle : d’ici 2030, ce sont
23 000 équivalents-logements qui pourront en bénéficier à travers la ville, soit près d’un bisontin sur quatre.

Photo : Eric Chatelain, Grand Besançon Métropole