Vous venez d’être élu président de Grand Besançon Métropole. Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

Je suis heureux et fier de la confiance qui m’a été accordée et j’ai pleinement conscience de l’engagement qu’elle mérite. Notre territoire regorge de richesses, avec des communes dynamiques et complémentaires. Mon état d’esprit est clair : rassembler, apaiser et agir efficacement. Je veux une gouvernance respectueuse de tous les maires et tournée vers des résultats concrets pour les habitants. Il n’y a pas de prédominance d’une commune sur l’autre, ni en termes de taille, ni en termes d’intérêt.  Je prône une collaboration fédérale et notre boussole sera notre projet de territoire.

Quelle est votre priorité absolue pour le territoire ?

Ma priorité, c’est d’améliorer concrètement le quotidien des habitants et acteurs du Grand Besançon. L’attractivité économique sera un axe fort, car elle est au bénéfice de tous.  Autre objectif majeur : simplifier la vie des habitants, en traitant concrètement les questions liées à la mobilité, des infrastructures aux modes de déplacements. Et puis j’aurai à cœur de redonner à notre agglomération une image à la hauteur de ce qu’elle doit être parce que nos atouts sont considérables. Tout cela ne pourra s’envisager sans une autre priorité, celle d’une gouvernance apaisée et efficace au service des Grand Bisontines et Grand Bisontins.

Revenons sur le développement économique, axe fort de votre projet…

Absolument. Nous devons redevenir un territoire attractif pour les entreprises, les talents et les jeunes. Développer, rendre opérationnelles et plus attractives nos zones d’activités, renforcer l’accompagnement des entreprises, valoriser nos filières d’excellence (microtechniques, santé, industrie…). Il y a là un vaste chantier à entreprendre. Je veux que le Grand Besançon soit un territoire où on s’installe durablement. Les élus que nous sommes devons en être les VRP. Nous nous rendrons d’ailleurs prochainement sur plusieurs salons internationaux pour y promouvoir nos savoir-faire et nos capacités d’accueil. Le développement économique doit aussi miser sur le tourisme. Nous avons des points forts sur lesquels capitaliser comme les grands événements sportifs et culturels du territoire, notre Citadelle évidemment, nos circuits de trail, de rando, de VTT, l’EuroVelo 6… Et enfin, je n’oublie pas nos commerces qui font la vitalité et l’attractivité de nos centres-villes. Nous allons rapidement travailler avec les élus concernés à des actions permettant de valoriser nos commerces et assurer leur pérennité.

Les mobilités, frein ou vecteur d’attractivité, sont un vrai sujet, qu’allez-vous engager concrètement ?

Aujourd’hui, les habitants attendent des solutions simples et efficaces : nous devons sortir des oppositions stériles. L’objectif est de fluidifier les mobilités en redonnant de la liberté de déplacement à chacun, quel que soit son mode de transport : piétons, vélos, bus, voitures.

L’une des priorités est de désengorger la RN57 et donc de terminer le contournement de Besançon. J’ai eu récemment un échange avec le Préfet et nous souhaitons avancer rapidement sur ce sujet en commençant par le secteur Micropolis. Cette zone bloquante est désormais ancrée dans l’imaginaire des automobilistes et représente un frein pour accéder ou sortir de la ville.

Deux autres secteurs seront traités rapidement pour fluidifier le trafic. D’abord le pont de la République sera réouvert aux voitures, dans un cadre apaisé et équilibré entre tous les usagers. Et puis, la Place Leclerc fera l’objet d’une attention particulière, l’idée étant d’utiliser l’intelligence artificielle pour mieux réguler les feux.

Ces aménagements, certes au profit des automobilistes ne m’en font pas moins sous-estimer l’importance des transports en commun, qui eux aussi sont largement pénalisés par ces embouteillages. Donc l’idée est bien de désengorger d’abord, pour améliorer ensuite aussi les dessertes en bus, notamment vers et depuis les communes périphériques parfois entre elles, pour rendre accessibles les zones d’activités notamment. Je ne remettrai d’ailleurs pas en cause la gratuité des transports en commun pour tous le samedi et pour les moins de 14 ans tous les jours, malgré le poids de cette décision sur nos finances.
Nous étudierons aussi avec nos partenaires comme la Région, la création de la Halte ferroviaire ouest vers le CHU. Enfin, nous analyserons les plans de circulation notamment des entrées de ville à Besançon quand on vient du secteur nord ou du Plateau pour améliorer les accès.

Quelle place donnerez-vous à l’écologie dans votre action ?

J’ai pleinement conscience des enjeux environnementaux et ils seront pris en compte. Nous agirons sur la transition énergétique (solaire, géothermie, biomasse), la gestion de l’eau et la végétalisation. C’est un sujet transversal et il irriguera nos politiques avec pragmatisme. Je chercherai à concilier les enjeux économiques, résidentiels, de mobilité et d’attractivité, de qualité de vie et environnementaux.

On sait que vous êtes amateur de sport et de culture. Quel regard portez-vous sur les infrastructures actuelles de notre territoire dans ces domaines précis ?

Il y a eu du chemin de fait avec la Cité des arts, le Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie ou encore la salle d’escalade Marie Paradis ces dernières années. Mais il manque à mon sens des équipements structurants à la hauteur d’une Communauté urbaine comme la nôtre. Micropolis, le Palais des Sports, le Kursaal sont des équipements vieillissants, à repenser. D’autres sont à imaginer. L’activité événementielle rendue possible grâce aux infrastructures d’un territoire est source de vitalité, de dynamisme et de rayonnement, sans compter les retombées économiques qu’elle génère. Cette question sera à débattre entre nous, élus du Grand Besançon dans le cadre d’une actualisation de notre projet de territoire.

Un mot sur l’attractivité et le rayonnement du territoire justement ?

Nous avons un potentiel exceptionnel : patrimoine, nature, savoir-faire, position géographique, mais aussi le développement économique et touristique, nous devons franchir un cap. L’objectif est clair : faire du Grand Besançon un territoire qui rayonne bien au-delà de ses frontières. Renforcer nos partenariats avec les territoires voisins et avec la Suisse est un enjeu fort. Nous voulons donner un souffle nouveau, impulser une nouvelle dynamique pour refaire du Grand Besançon une capitale attractive. 

Quelle sera votre méthode pour déployer l’ensemble des projets à l’échelle de l’intercommunalité et assurer une gouvernance efficiente ?

Ma méthode repose sur trois principes qui seront la concertation, le respect des communes
et la transparence. Je veux travailler main dans la main avec tous les maires. Le Grand Besançon ne doit pas être une structure imposée, mais un outil au service des territoires. C’est dans cet esprit que je m’appuierai fortement sur Catherine Barthelet, la première vice-présidente et sur tous les membres du bureau exécutif qui ont des délégations pleines et entières. Ensemble, nous porterons une gouvernance équilibrée, à l’écoute de toutes les communes et engagée pour construire une vision collective du territoire. Notre objectif est clair : coconstruire les décisions et redonner toute leur place aux élus locaux dans les choix métropolitains. Mais je n’oublie pas non plus ceux et celles qui vont mener concrètement les projets sur le terrain au service des habitants : nos agents, nos collaborateurs. J’ai commencé à les rencontrer, je les écoute et souhaite donner du sens à leur mission.

Et pour terminer : quel message souhaitez-vous adresser aux habitants ?

Je veux leur dire que nous allons agir avec bon sens, ambition et proximité.
Chaque décision sera guidée par une seule priorité : améliorer leur quotidien. Et la culture du résultat que je veux instaurer va dans ce sens. Elle doit se faire au bénéfice des habitants, des entreprises, des associations, de tous les acteurs du territoire.